Aujourd’hui, je sais…

Ce matin, j’ai eu la très mauvaise idée de scroller… me dissocier un peu du moment présent en défilant le contenu qu’une des plus grande multinationale avait choisi… juste pour moi. Scroller. En scrollant, j’ai vu la photo d’une ado asiatique dans un café. Sa maman l’accompagnait dans sa journée “pas d’école”. Cette fille, c’était la soeur d’un garçon qu’on a rencontré à Boston, avec sa famille, quand on est allés faire des traitements pour notre grande, ya maintenant 9 ans…

Ce jeune homme avait l’oreille qui cuisait jour après jour par la protonthérapie. Elle avait le malheur de se trouver dans le chemin entre le lieu à bombarder et l’appareil pour traiter. Dommages collatéraux pour ainsi dire. Ce n’était pas très jojo… Ses cheveux n’ont jamais repoussé. Il avait la même tumeur que notre fille. Il n’est plus aujourd’hui. Le cancer l’a emporté…

Mon état a été grandement affecté par ce brin de scrollage. Ça allait plutôt bien au réveil. Bien reposée. Une bonne nuit. Enfin! Plus de 8 heures de sommeil. Puis la spirale a commencé… 

Ce lundi, notre grande aura une autre résonance magnétique. Et si c’était de retour? Et si je perdais ma fille? Elle n’est clairement pas de tout repos et autant son frère peut détester nombre de moments avec elle, lui, comme nous, serions dévastés qu’elle nous quitte… mais l’épée de Damocles sera toujours suspendue au-dessus de nos têtes. Faut vivre avec. Des moments comme aujourd’hui, à la veille d’un examen, l’anxiété se fait souvent un peu plus sentir. Nos activités quotidiennes deviennent plus pénibles, nos mèches plus courtes, nos systèmes plus lourds, nos émotions, plus à fleur de peau. C’est le stress qui rôde et qui ralentit tout le reste, comme un vieil ordi qui gère mal sa vie. Mais on en est impuissants… ou l’est-on vraiment?

Le désespoir s’est un peu épris de moi, les larmes se sont mises à couler. Et si? Et si on nous annonçait, ce jeudi, que ton cancer était revenu?

Je regrettais d’avoir scrollé, d’avoir laissé les “et si” submerger mon esprit. J’allais bien au réveil. Je ne m’en faisais pas (trop) pour les examens, comme ç’avait été le cas lors des derniers. Je le rappelle, lors du dernier, on nous annonçait que tout allait bien… Après nous avoir dit, 2 ans auparavant, que c’était le début de la fin.

Mais… Et si? Et si c’était de retour?

Partie de moi se disait même: ah bon, voilà, justement, c’est pour ça que le chaos s’emparait un peu de ma vie cette semaine. J’ai souvent des semaines plus tranquilles parce que je n’ai plus tant la forme de mener une vie où je travaille à temps plein. Entre le metro-boulot-dodo, je n’ai pas envie de me fâcher après mes enfants parce qu’ils ont juste envie de prendre plus le temps mais… que je ne l’ai pas ce temps.

Mais cette semaine, par un étrange tourbillon, elle se remplissait un peu trop. J’ai vécu des périodes comme celle-là par le passé. Bien souvent, il y avait un ordre qui finissait par se trouver à travers le chaos, une leçon apparaissait quand j’arrivais à lâcher assez prise… Mais… allait-ce se passer ainsi?

Pour une fois, l’examen de notre fille serait suivi par la rencontre de l’équipe d’oncologie ce jeudi (s’il était maintenu, l’examen ayant été remis 2 semaines plus tard). Nous devons normalement attendre plusieurs semaines entre l’examen et le rendez-vous, encore plus quand les résultats sont bons. Hmmm… était-ce de bonne ou de mauvaise augure?

Jusqu’à ce matin, je n’y avais pas tant porté attention. C’est probablement le signe qu’on apprend à vivre avec plutôt qu’à le subir. Mais… en voyant cette photo, mon coeur s’est un peu emballé… J’ai eu la bien mauvaise idée, pour empirer la situation, d’aller revisiter leur profil et de voir que leur fils trônait toujours sur leur photo de couverture. Je suis même remontée aux funérailles. Étrange attitude que nombre de nous avons de «stalker» la vie d’autrui, en voyeurs qui se croient anonymes… Quelle histoire. Et pourtant…

Mon esprit tourbillonnant me menait même à croire que la vie orchestrait le tout justement parce qu’il me fallait me préparer, m’inquiéter, que le sursis du dernier examen serait levé, qu’on replongerait dans les dédales de l’incertitude, l’impuissance, de la peur, de l’inquiétude constante que l’inévitable la gagne, beaucoup trop tôt… 

Je m’ennuyais déjà de mon état au réveil où j’étais sereine et ravie d’une belle nuit… La vie devant moi, une page blanche à dessiner. Pourquoi avais-je scrollé? Pourquoi on scroll? Elle est beaucoup là, la question… Pourquoi?

En écoutant la vidéo qui circule ces temps-ci sur l’insidieux processus que le populaire réseau social d’origine chinoise mettant en vedette des rafales de videos instigue dans nos cerveaux (vous pouvez le voir ici), je me disais qu’on était vraiment mal foutus et je m’en voulais un peu d’être tombée dans le panneau ce matin, encore.

Mon esprit continue à s’emballer: oh, et elle a perdu du poids dernièrement, est-ce pour ça? Ou juste parce qu’elle apprend mieux à écouter son corps et à arrêter de manger parce qu’elle n’a plus faim, ou juste en raison de sa nouvelle médication…

Qu’est-ce que je pouvais bien faire pour arrêter de brailler et profiter du temps d’ici à l’examen et aux résultats? Certes, je devais en profiter, mais comment?

Quelques coups de pouces m’ont ramené à une page que j’avais trouvé la veille et qui m’avait un peu inspirée. 

Un cancer en cadeau

Une maman que j’avais connue grâce à un événement d’un ami, avait choisi d’écrire un livre et donnait des conférences à l’époque sur «Voyager avec bébé». Elle venait maintenant d’écrire ce livre. Un cancer en cadeau. À 38 ans, cette femme d’apparence épanouie, go getter, qui mordait dans la vie, se voyait affligée par cette étrange maladie.

Un cancer en cadeau. Eh oui, je me souvenais soudain d’avoir ressenti, moi aussi, ce feeling…

Combien de fois me suis-je dit, avant de recevoir les diagnostiques de notre fille, que la vie ne pouvait pas aller pire, que c’était l’enfer, que ça n’allait plus, avant de recevoir la nouvelle, qui ne devait qu’empirer la chose, mais, qui, en fin de compte, remettait les choses en perspectives et nous ramenait à l’essentiel…

Ces temps-ci, pourtant, tout va assez bien (malgré le chaos qui semble s’annoncer pour la semaine prochaine).

Et si, dans les faits, le cancer de ma fille avait eu l’ultime utilité de réaligner ma vie pour qu’elle me plaise plus, qu’elle soit plus proche de mes valeurs, plus de lenteur, plus de temps pour faire ce qui me tente, avec les gens que j’aime… Je me rappelais du grand poème que j’avais écrit lors de sa 2e tumeur et qui était devenu ma prière lors de son opération pour la 3e… 

À chaque fois, ça m’a ramené à cela. Et cette fois-ci, ça pourrait me mener où?

Entre le 2e et le 3e diagnostic, j’avais pété les plombs. Pour retrouver un sens à tout ça, j’avais conclu que le meilleur moyen d’honorer l’expérience, c’était de chérir chaque instant, de passer de beaux moments avec elle, sans se priver, d’en profiter, tant et aussi longtemps qu’elle serait avec nous.

Et c’est ce qui arrive à me ramener quand mon esprit s’emballe et que je crains le pire: qu’est ce qu’on a envie de vivre, avec elle, pour elle? Et si on oublie les limitations, ça nous amène où?

Qu’est-ce que je pouvais faire, ici et maintenant, pour aller mieux?

Oui, je m’inquiétais. Mais pourquoi? Ça allait donner quoi? Je pouvais essayer la pensée magique et faire comme si de rien n’était mais… c’était là et ça m’habitait dorénavant, les larmes coulaient, j’en sanglotais même. J’imaginais le pire, j’avais juste envie de la serrer dans mes bras… (Ils sont chez papa… et comment allait papa? Il s’en fait souvent encore plus que moi…)

Une étrange situation qui, ce matin, laissait mes hamsters courir à toute allure.

Il me fallait trouver le moyen de revenir à un état plus agréable… mais comment? Comment oublier cette réalité? Comment revenir à un état plus serein, plus joyeux?

Je travaille fort sur mon état ces temps-ci pour me retrouver dans des situations plus agréables que désagréable. Méditer, bouger, tenir un journal, y inscrire au moins 5 choses par jour pour lesquelles j’ai de la gratitude (en trouver, même quand tout va mal), et j’en passe. Ça n’empêche pas de vivre des émotions négatives, mais ça aide à revenir à un état plus agréable… plus vite.

La semaine dernière, j’écoutais une méditation qui résumait bien ce que je pense. Une méditation qui me ramenait à un principe qu’on lit souvent comme “what you focus on expands”. Si on choisit de se nourrir, physiquement, psychologiquement ou autrement, de cochonneries qui nous gardent dans un état merdique, on ne peut pas se surprendre de mariner sans cesse dans des états désagréables. La traduction qui rejoint peut-être le mieux la citation en français est probablement “où mon attention est, je suis”. Et je n’avais pas envie de rester là.

Et donc, je devais mettre mon attention ailleurs, en prenant soin de ne pas “bypasser” ce qui était désormais là. Parce que “bypasser”, je l’avais découvert, ne faisait qu’empirer ce qui voulait s’exprimé mais qui était refoulé.

En honorant ce qui était là, en acceptant que les larmes allaient couler le temps qu’elles devaient couler, en me rappelant qu’elle ne couleraient pas éternellement, je me suis donc rappelée que j’avais déjà passé à travers tellement de choses que j’allais, encore une fois, bien certainement, y arriver. Et ça m’est venu, probablement comme un des plus beau cadeau que nous offrent les expériences, bonnes comme ou mauvaises, de la vie: Aujourd’hui, je sais que peu importe, je vais passer au travers… riche d’une sagesse et d’une expérience qui m’étaient auparavant inconnues. C’est sans doute ce qu’est la résilience.

Et si, comme le chat de Schrodinger, le cancer était à la fois là et absent, en fonction de l’approche qu’on a. Et si la vie, en bonne enseignante, ajustait la réalité et le continuum instantanément en fonction de ce qu’on avait besoin de vivre pour apprendre la prochaine leçon. Et si…

Alors voilà, aujourd’hui, je sais que peu importe, je vais passer au travers… riche d’une sagesse et d’une expérience qui m’étaient auparavant inconnues. C’est sans doute ce qu’est la résilience.

Pis malgré tout ça, faut que je prenne soin de moi…

J’ai envie d’être où, ici et maintenant?

J’allais méditer là dessus! Ce matin là, Martin Bilodeau nous offrait une méditation sur “La puanteur zen” et c’était assez intéressant… Je vous la laisse ici en passant! Et j’en profite pour m’excuser auprès de tous ceux qui m’entourent de ma propre «puanteur zen». J’en suis désolée.

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Une nouvelle catégorie: la boîte à outils

Parce qu’on a tous une seule vie à vivre (une seule dont l’existence est démontrée hors de tout doute, du moins), j’ai envie ici de vous partager des ressources rencontrées et utilisées sur mon chemin et qui me semblent qu’elles seraient d’une grande utilité pour d’autres.

Primo, parce que mon expérience me démontre que ça ne sert à rien de “forcer” ceux qui nous entourent à emprunter notre chemin.

Secundo, parce que chacun trouve les outils dont il a besoin sur son chemin quand il y reste ouvert et que le moment est opportun.

Et enfin, parce que je trouve tellement difficile de ne rien dire et de laisser chacun faire son chemin quand je vois les vois souffrir… mais que plus j’ai envie et plus une information ou un outil est évident pour moi, moins les gens ont envie de l’entendre. Ainsi, passer par un medium comme cet espace libre me semble une bonne façon de canaliser cette envie et de me réconcilier avec mon impuissance pour qu’elle soit exprimée en quelque chose de constructif, et, qui sait, pour qu’elle serve à quelque chose, ou quelqu’un.

Bonne découverte!

Voir catégorie: Boîte à outils

Gratitude inusitée

En cet après-midi de fin d’automne, alors qu’elle lisait (en audio, est-ce lire quand même?) « Les 5 regrets des mourants », le livre issu d’un article qu’elle avait croisé plusieurs années auparavant et dont les points saillants l’avait beaucoup marquée, elle ne pouvait s’empêcher de constater l’ampleur de la gratitude qui l’habitait, somme toutes d’une manière des plus inusitées.

L’autrice racontait l’histoire d’un homme d’affaires ayant connu beaucoup de succès qui, comme tous ses patients, était à l’aube de sa mort. Il avait travaillé fort, admettant même être devenu accro aux sentiments que la clôture de ses grosses transactions négociées lui apportaient. Une de plus. Toujours une de plus. Il admettait que l’ensemble de ses fonctions ne le rendaient pas tant heureux, mais il appréciait la prestance qui venait avec elles. Il avait finit par promettre à sa femme de prendre sa retraite, mais juste après cette dernière transaction, qui s’achèverait juste 1 an plus tard… Mais cette dernière, qui l’avait tant attendue pour qu’il la rejoigne enfin et qu’ils profitent enfin ensemble de la vie, l’avait prédécédée violemment, emportée par une grave maladie, 3 mois avant la date prévue de retraite…

En écoutant ce touchant récit, elle réalisait la « chance » qu’elle avait eu d’avoir une fille malade, d’une condition qui mettait sa vie en danger.

La chance !?!

Comment était-ce possible pour une maman, qui avait traversé l’enfer, la peur, l’incertitude, le combat de sa fille contre la mort, un combat qui ne se terminerait jamais, d’affirmer sa chance et sa gratitude?

Simplement parce que cela lui avait appris l’essence de la vie. Et que ce cadeau lui avait été livré non pas sur son lit de mort, mais avant 40 ans. Ce cadeau, quelque peu empoisonné, mettait quand même en danger la chair de sa chair, mais rester dans une forme d’équilibre, s’aligner avec ses valeurs et profiter avec gratitude des instants qu’elle avait gagné avec elle, semblait faire partie de la recette pour la garder en vie et avec elle… Alors elle tentait d’en faire bon usage…

Mais comment? Une fois le choc passé, le paradoxe entre la nécessité de poursuivre la vie dans sa futilité à l’ombre de la grave maladie, résorbé, elle avait soupçonné, ou compris, que sa raison d’être sur cette humble Terre était d’en profiter, et si elle y arrivait, de partager à qui voulait bien l’entendre, que cette vie est somme toutes précieuse et simple.

Et quelle était cette raison d’être, comment en profiter?

Possiblement, trop simplement, de vivre une vie où l’amour, la joie, le plaisir, dans la reconnaissance et le détachement menaient au bonheur. Aux moments de bonheur qui s’alignent plus facilement dans la plénitude.

Que ceux qu’on aime et ceux qui nous entourent sont non seulement les plus importants, mais LE plus important de la vie, que la vie n’est pas faite pour engranger les dollars comme elle l’avait cru et essayé pendant des années (par chance, sommes toutes, peu d’années). Que le but ultime était probablement simplement d’apprendre à d’être le plus gentil et sensible possible, et, par la bande, d’être disponible pour les petites missions qui se présentaient pour servir la vie au meilleurs de nos capacités… Petites missions qui pouvaient parfois devenir grandes. Eh oui, que la raison d’être d’un humain, et de n’importe quel être vivant, était possiblement, simplement, d’être, où il était, et de suivre ce que son coeur l’inspirait, sa tête croyait et son corps lui permettait de faire au mieux. 

Et ça se résumait parfois à collectionner les moments à rendre service, à reconnaître les gestes que plusieurs font par considération, à offrir des sourires et à saluer les gens pour qu’ils ressentent qu’ils sont à leur place, aussi. Après tout, n’était-ce pas tout ce qu’on apportait avec nous? Ces moments, petits et grands… Ces moments partagés, échangés, avec les créatures et les personnes croisées…

Elle ne pouvait s’empêcher de penser aux limitations inconscientes que revêtent les gens prompts au jugement, au cynisme, trop préoccupées par leur succès qu’ils en ignorent l’utilité et la finalité du pourquoi on à la chance de se matérialiser ici sur terre!

Être Heureux! Et pourquoi pas partager ce bonheur en faisant ce que chacun de nous fait de mieux! Servir, sourire, aimer, aider, cultiver les moments si signifiants… comme les partager, ici et maintenant.

(Elle souhaitait quand même à tous ceux qu’elle pouvait croiser de ne pas avoir à traverser autant d’épreuves qu’on avait dû lui faire subir pour qu’elle comprenne enfin!)

Note: la lecture de la suite du récit mit en valeur que son sentiment de gratitude est souvent partagé par les gens qui ont, aussi, traversé l’enfer. L’histoire se poursuit avec une patiente qui a perdu une fille à une leucémie en tout jeune âge. N’en demeure pas moins qu’elle souhaite à tous de contourner ce passage pour apprendre à profiter avant de se rendre là!

Que dites vous d’un Meditation club?

À titre de premier pas, j’ai décidé de créer un groupe de méditation pour aider ceux qui:
• Sont curieux de la méditation ;
• Veulent améliorer leur assiduité dans leur pratique;
• Veulent échanger avec des gens qui ont leur mieux-être à coeur;
• Ont envie d’explorer ce qu’une pratique régulière en méditation peut leur apporter;
• Ont envie de prendre un moment pour eux plus souvent dans leur vie;
Si tu veux te joindre à nous:

https://www.facebook.com/groups/734391027025254/

Vous pouvez aussi aimer la page pour suivre nos activités: https://www.facebook.com/UneVieAVivreIciMaintenant

La vie… et son sens

En 2017, j’apprenais que ma fille avait une nouvelle tumeur au cerveau. Avec cette nouvelle s’en greffait une moins agréable: les pronostiques étaient assez peu encourageants et ce genre de tumeur allait probablement revenir, sans cesse, avec les nombreuses conséquences que les interventions pour l’enlever apporteraient…

Émotions fortes aidant, ma plume s’est fait sentir. Je vous partage aujourd’hui ce qui est à l’époque devenu ma prière pendant ses interventions et… peut être le sens à ma vie!

Eh oui, que feriez-vous si on vous offrait un maigre 20% de chances de garder votre fille en vie et de lui permettre d’avoir une vie significative, inspirante et… en santé?

Que feriez-vous avec elle? Pour elle? Quels souvenirs voudriez-vous graver dans votre mémoire? Dans la sienne?

Quand on est confrontés à la fragilité de la vie, on peut garder nos oeillères ou on peut décider de mener une vie comme s’il n’y avait, dans les faits, aucun lendemain. Dès cet instant, on peut réaliser combien les barrières qu’on s’impose ne sont que futiles tout en niant le pouvoir que nous pouvons avoir sur elle.

Un sens… on cherche un moyen de transformer cette fatalité pour y trouver un sens afin que, si elle meurt, si elle nous quitte, ce n’aura pas été en vain…

Toi qui nous a été confiée
Notre petit ange, notre rayon ensoleillé Laisse nous te voir briller
Encore longtemps, laisse nous t’élevé
Reste ici avec nous, ne nous quitte pas pour l’éternité

Reste avec nous, combat avec nous
Trouvons le moyen de te garder en santé
Ici et avec nous, que tes jours ne soient pas comptés

Oh celui que certains appellent seigneur, qu’importe qui tu es, un homme sage ou meme un programmeur
Puisse-t-elle rester aupres de nous
Indique nous comment la garder en sécurité Ici avec nous
Et pourquoi ne pas en aider d’autres
À trouver une cure à cette créature?

Une cure pour le cancer
Une cure pour l’humanité
Une cure contre la vie de fous qu’on mène a chaque journée
Une cure pour l’efficacité exigée
Une cure pour l’anxiété généralisée

Un mode de vie
Sans ces soucis
Un moyen de lutter
Et de s’en sortir vivant et en santé

Amour et communauté,
Confiance, bonheur, moments partagés
Une vocation toute destinée
Une vocation pour nous guider
Nulle autre que ce qu’on pourrait appeler Ce qu’est donc notre destinée

Heureux? Enjoué?
En paix, en amour ou en amitié
Mais qu’est ce qui peut bien être
Quoi d’autre? Que de simplicité

N’est ce pas tout ce qu’on apporte avec nous,
Ces moment, petits ou grands
Ces moment si signifiants
Au jour où nous nous quittons tous
Ce jour qui nous attend tous?

Faites qu’il retarde, qu’il soit lointain Permettez-nous de voir et de changer
Avait-elle cette mission?
Est-elle en train de la réaliser?
Et pourquoi ne pas se joindre a elle
L’aider et l’accompagner

Changeons le monde, rendons lui sa beauté Dès maintenant, pour l’éternité
Que tous puissent constater
Combien il peut être radieux
Mais aussi, comment nous pouvons tous être libres et heureux

Entraidons nous, solidairement
Compréhensifs et tolérants

Mais pouvez-vous voir, constater
Combien futile est cette société
Qu’on s’inquiète, qu’on est enragé
Alors que d’autres ne souhaitent que la santé

Notre ptit ange, Angeliki
Notre soleil, dans toute ta pureté
Entreprenons cette mission
ensemble Aidons
ceux qui nous entourent
à être joyeux, contenté
Et peut être trouvera t on ainsi aussi la santé?

Un petit historique

Voici donc enfin l’aboutissement d’un projet qui se mijote depuis de nombreuses années…

Un sentiment est né d’abord en 2012, alors que s’accablait sur nous une triste nouvelle: une dame, qui était un pillier dans notre famille, s’est vu donner un ultimatum. Ses jours étaient comptés.

Parmi les réponses envisageables, celle de partir, conquérir le monde et y retrouver un peu l’essence de la vie s’est fait sentir. Celle qui était la principale intéressée n’y a pas adhéré et elle s’est éteinte, quelques mois plus tard, exactement comme les médecins lui avaient dicté.

Elle a combattu, mais, éventuellement, elle a choisi la liberté de la mort plutôt que la souffrance que la vie lui infligeait.

Tant d’années plus tard, les questionnements qui avaient mené à envisager un tel périple se font à nouveau sentir. Les événements bouleversants se sont enchaînés et voilà qu’ils doivent trouver un sens et une utilité.

C’est un peu le récit qui a mené au démarrage du présent blogue, il y a de nombreuses années. Le temps est venu de le voir naître avec les ramifications qui s’y rattacheront.

Une escapade et un TDAH

Ce matin, premier jour de la semaine après la rentrée scolaire, j’ai «pacquetés les ptits» comme on dit (par chance que leur tante en avait fait un bout la veille), accompagné ma fille dans son taxi, fini de préparer les trucs pour mon fils, et l’ai raccompagné à l’école avec notre gros toutou, pour sa marche matinale.

Jusque-là, rien de spécial sinon qu’une maman qui n’a pas eu beaucoup de break de sa charge de maman depuis un moi et qui avait hâte de décrocher enfin!

En promenant la bête, je me disais que j’avais dont hâte d’avoir plus de motivation dans ma vie de tous les jours et que je cherchais donc cette formule magique pour y arriver. J’ai croisé une maman et son fils qui se hâtaient d’arriver, les ai salués, et fini par recroiser la maman à son retour. En jasant avec elle, j’ai réalisé que j’avais oublié de donner à mes enfants leurs médicaments. Vous savez, ces ptites pillules pour qu’ils apprennent a fonctionner plus conformément à ce que la société leur exige?!?

J’ai donc écris à la prof de ma fille, qui avait 2 pillules en sa possession et une autorisation pour les lui donner, j’en ai pris 2 en me disant que la journée serait peut-être plus facile, et je suis allée a l’école de mon fils lui porter sa dose.

Tant qu’à être dans les drogues, je me suis dit qu’il était temps de retourner chez le plus grand dealer de la province chercher les pillules de plus, notamment la prescription de ma fille pour lui faire faire sa raisonnance magnétique cette semaine sans anesthésie générale, et les renouvellements pour mes TDAH et moi-même.

Fière d’avoir eu l’enthousiame d’aller à la pharmacie sans procrastiner, je m’en allais d’un pas décidé vers cette institution où l’on trouve semble-t-il de tout, même un ami! Était-ce déjà l’effet de ces capsules ingérées? Peut-être !

Après avoir parcourus les 700 mètres qui me séparent de mon but, j’empoignai la porte et la poussai vigoureusement. Rien. Elle résistait aussi fort que je pouvais la pousser. Tirer? Allait-ce fonctionner? Pousser encore, tirer. Incrédule, les points d’interrogation dans mon esprit devaient être flagrants quand une dame, aux allures à la fois de vieille sage et de femme de la rue trop propre (elle était quand même située où quémandent habituellement les mendiants) me répondit:

«c’est fermé».

Fermé? Mais comment, fermé. Ce n’est jamais fermé une pharmacie. Fermé.

«9:00» qu’elle dit. «Il n’est pas 9:00»

Alors voilà que dans un élan de motivation parfois rare, j’avais trouvé le moyen d’anéantir le pourtant si magnifique effort (dans les circonstances, ce genre d’effort est parfois monumental pour moi) en me cognant le nez sur la porte…

Mais je n’étais pas seule. J’avais environ une quinzaine de minutes à attendre. À la fois incrédule quant à l’ironie de cet effort en vain et souvent convaincue que rien n’arrive pour rien, je me suis demandée pourquoi la vie me voulait à cet endroit. J’allais prendre mon téléphone quand cette dame m’interpellait à nouveau pour me parler de ses bobos. Étonnamment, la conversation à pris une tournure assez intéressante quand elle m’a démontrer qu’elle était digne d’une savante folle ou d’une auteure de science fiction! En effet, elle avait hâte que les autos volent parce qu’on allait pouvoir stationner sur les toits et descendre les escalier, mais qu’il faudrait que ça fonctionne au solaire pour ne pas avoir de pollution ET que les rues pourraient alors être reverdies pour limiter encore plus la pollution. Je ne sais pas d’où venaient ses idées mais c’était rafraîchissant de discuter avec elle. Malgré ses apparences douteuses, elle avait clairement des idées rationnelles et innovatrices.

Elle est restée longtemps dans mes pensées aujourd’hui cette dame! Je pensais aussi aux gens dans la rue qui, par divers concours de circonstances fâcheuses, se retrouvent dans une situation précaire malgré eux. En jasant avec une amie, je réalisais aussi comment les plus chanceux et les mieux nantis se retrouvent médicamentés et les moins chanceux et les plus hypothéqués se retrouvent à la rue. Et combien d’esprits vifs s’y retrouvent, tombent dans la drogue, dans la misère, parce qu’ils n’ont pas eu l’encadrement, le soutien, la confiance et la bienveillance de gens autour d’eux. La prévalence des problèmes de consommation de drogues et d’alcool chez les TDAH et les surdoués est de parfois mesurée comme étant de 20% supérieure comparativement à la population en générale. Ça devient une forme d’automédication, de compensation pour essayer de fonctionner dans un monde qui n’est pas adapté aux gens différents. Mais comment pourrait-il être adapté? Certainement pas dans un monde mené par la rentabilité.

Je lisais un article la semaine dernière: «et si on misait sur la diversité plutôt que sur la méritocratie»

Mais on ferait quoi dans un tel monde? Il m’apparaît assez évident que notre modèle tourne mal et nous fait courir à notre perte, tout en échappant trop de gens sur le chemin.

Et portant:

  • très peu d’autres animaux travaillent autant que nous
  • Aucune autre animal ne doit travailler pour vivre, sinon que pour chasser ses repas

J’ai des fantasmes parfois d’un retour à la Grèce antique où les citoyens passaient trop de temps dans les cafés ou sur la place publique a philosopher (bon, ce serait maintenant plus inclusif comme activité), de travail de quelques heures par semaine, de semaines de 4 jours pour tout le monde…